Ici, la campagne n’est pas un simple décor : c’est une entité vivante, vibrante, que nous traversons avec respect. À Berengeville-la-Campagne, les lisières, les sous-bois, les talus et les haies regorgent de trésors. Mais la beauté d’un champ d’orchidées sauvages, la discrétion d’un chevreuil à l’aube ou le parfum fragile de l’aubépine ne s’offrent qu’à ceux qui savent ralentir, observer, et comprendre que chaque geste compte. C’est le secret d’une cueillette et d’une observation responsables – la première des règles à adopter pour préserver une biodiversité qui ne demande qu’à continuer de s’épanouir.
La commune de Berengeville-la-Campagne s’inscrit dans cette région normande où la diversité des paysages engendre une richesse floristique remarquable : près de 800 espèces végétales en Eure selon le Muséum national d’Histoire naturelle. À ce chapelet s’ajoutent oiseaux, insectes, amphibiens, mammifères… Une étude menée par l’Observatoire régional de l’environnement (ORE) chiffre à plus de 2 000 le nombre d’espèces animales observables dans notre département.
Toutefois, 40% des espèces d’insectes européennes sont en déclin (UICN), victimes de la disparition des haies, de la pollution, et de récoltes parfois trop gourmandes. Un bouquet d’anémones de trop, un nid perturbé, et tout un maillon de la chaîne vacille. C’est dans cette conscience aigüe de la fragilité du vivant que s’inscrit notre approche.
Cueillir, c’est avant tout observer. La règle d’or ici, c’est la modération associée à la connaissance. Voici nos conseils essentiels, affinés au fil des promenades et des échanges avec amoureux du bâton de marche ou du panier d’osier :
L’observation de la nature, c’est un peu comme écouter un secret : on chuchote, on ralentit, on éteint ses téléphones, et surtout, on minimise son impact. Voici quelques principes à méditer au détour du chemin creux ou dans l’herbe mouillée, tirés du code éthique de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et de l’ARB Normandie :
| Espèce commune | Période de cueillette | Particularités et conseils | Protection |
|---|---|---|---|
| Muguet sauvage | Début mai | Toxique, mais emblématique du sous-bois. Maximum 1 ou 2 tiges par personne. | Attention dans les espaces naturels sensibles |
| Chèvrefeuille | Juin-juillet | Ne prélever que quelques fleurs, jamais plus de 10% | Non protégé mais crucial pour les pollinisateurs |
| Noisettes sauvages | Août-septembre | Laisser une grande part aux rongeurs, oiseaux, écureuils | Pas de protection spécifique |
| Orchis bouffon | Avril-mai | Admirer seulement, espèce protégée, ne jamais cueillir ! | Protection nationale |
| Coulemelle (champignon) | Automne | Bien identifier, laisser les plus vieux/habitats intacts | Suivre les réglementations communales |
À Berengeville-la-Campagne, la magie des premières cueillettes en famille – fraises des bois, violettes cachées entre deux talus – parle à nos souvenirs. Il est cependant essentiel, dès les plus jeunes années, de transmettre les bons réflexes :
Les pratiques respectueuses sont d’autant plus indispensables que notre territoire n’est pas à l’abri : selon l'Observatoire régional de l’environnement de Normandie, la Normandie a perdu 70% de ses haies en 50 ans, ce qui met en péril des dizaines d’espèces d’oiseaux et d’insectes, dont le très courtisé butineur, l’abeille sauvage.
D’après l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), 11 % des herbacées normandes sont menacées. La surexploitation de certaines zones à champignons ou à fleurs rares a déjà conduit à l’interdiction de la cueillette dans plusieurs bois du département.
Des habitants de Berengeville-la-Campagne se mobilisent déjà pour inventer de nouvelles façons de vivre la nature. Citons, par exemple :
Voici, pour celles et ceux qui aiment errer sans boussole – l’œil curieux, l’oreille tendue, le cœur ouvert – un petit aide-mémoire à garder en poche ou à lire avant chaque escapade à Berengeville-la-Campagne :
Ce qui fait le charme de notre village, ce n’est pas seulement la générosité de la terre, mais la multitude de liens silencieux entre ses habitants et la nature. Adopter des pratiques respectueuses de la biodiversité, c’est renouer avec une façon d’habiter le territoire – attentive, solidaire, enchantée – qui redonne à chaque balade la saveur de la découverte et la promesse d’un avenir fertile pour toutes les espèces, humaines ou non. Ce n’est pas une contrainte, mais une invitation perpétuelle à ralentir, écouter, apprendre. Demain, qui sait, une nouvelle espèce de papillon croisera peut-être notre chemin, parce que nous aurons su la laisser tranquille aujourd’hui.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande