Il faut le vivre, un printemps ici : les haies bocagères bruissent d’une effervescence inouïe. Culminant à 154 mètres d’altitude, le village s’étire entre plaines cultivées, bosquets feuillus et mares discrètes. Cette diversité de milieux attire plus de 80 espèces d’oiseaux identifiées entre février et juillet, selon l’Observatoire normand de la biodiversité (voir l’Atlas ornithologique de Normandie).
Chaque espace raconte une histoire et propose son cortège d’ailes. L’observation des oiseaux, ici, n’a rien d’élitiste : elle est à la portée de tous, même d’un simple promeneur sans guide.
| Nom du site | Type d'habitats | Espèces phares observables | Accès |
|---|---|---|---|
| Mare du Vieux Chemin | Mare, vieux saules et prairies humides | Héron cendré, grèbe castagneux, bergeronnette, rousserolle effarvatte | À pied, balisage PR jaune depuis la mairie (900 m) |
| Le bois de la Pommeraie | Bosquet feuillu, clairière, verger en lisière | Chouette hulotte, pic épeiche, fauvette, sittelle torchepot | Par le chemin de la Fontaine, accès libre |
| Sentier du Rouault | Bords de ruisseau, zones humides, haie bocagère | Martin-pêcheur, pouillot véloce, rougequeue, faucon crécerelle | Démarre à la route de Thiberville, balisage bleu (2,5 km A/R) |
| Champs de la Grande Vallée | Prairie pâturée, haies mitoyennes | Buse variable, alouette, tarier pâtre, pipit farlouse | Parking champêtre au croisement D17 / chemin des Vaches |
| Le verger conservatoire | Verger haute-tige, prairie mellifère, vieux murs | Mésange charbonnière, rougequeue à front blanc, grimpereau, moineau friquet | Ouvert lors des événements, accès sur demande |
Pousser la grille en bois et longer la mare silencieuse, c’est ouvrir une parenthèse. Dès l’aube, s’élèvent les cris gutturaux du héron venu guetter carassins et grenouilles. Au printemps, des dizaines de têtards frétillent sous la surface, attirant traquets motteux et bergeronnettes. Une famille de canards colverts traverse, paisible. Sur les saules, on repère parfois le ballet acrobatique du grèbe castagneux, peu farouche. Avec de la patience et des jumelles, il n’est pas rare d’apercevoir la silhouette furtive de la rousserolle effarvatte, chanteuse brillante, qui anime sans relâche les roseaux au mois de mai. Les soirs de juin, les libellules dessinent des arabesques de lumière, et une chouette effraie vient parfois boire, blanche apparition dans les brumes du crépuscule.
À quelques pas du cœur de Berengeville, le vieux bois offre un dédale de chênes, de pommiers et de recoins secrets. Ici, le sol est tapissé de jacinthes au printemps et les troncs racontent le temps passé. Avec chance et persévérance, on entend le tambourinage régulier du pic épeiche, gardien du territoire, puis la chouette hulotte qui hulule dès la tombée du soir. C’est là que nous avons un jour aperçu une curieuse mésange à longue queue, babillant entre deux branches, suivie d’un écureuil roux.
Le matin, les sittelles escaladent les troncs la tête en bas, chipant les graines laissées par les promeneurs. Parfois, un chevêche aperçue au petit jour vient se poster sur un vieux piquet, veillant sur son royaume buissonnant.
Emprunter ce sentier, c’est suivre le murmure du Rouault, modeste filet d’eau mais immense royaume pour la petite faune. Dès la mi-mars, les martin-pêcheurs percent la berge de leur éclair turquoise, sifflant avant de plonger comme des flèches. Le chemin bordé de saules et de peupliers offre le refuge à de nombreuses espèces : rougequeue, pouillot véloce, poule d’eau. Au détour d’un méandre, on devine parfois la silhouette d’une bécassine des marais. La zone est aussi un excellent spot hivernal : faucons crécerelles et buses veillent depuis les perchoirs naturels.
Ici, le regard porte loin. Les grandes étendues gagnent le cœur des rapaces : buses variables, milans noirs et, parfois, bondrées apivores y chassent rongeurs et insectes. Au début de l’été, les alouettes des champs exaltent le ciel de leurs trilles inimitables, invisibles mais omniprésentes. Posé sur un piquet de clôture, le tarier pâtre surveille du coin de l’œil, tandis qu’au ras des herbes, pipit et bruant zizi trottinent pour débusquer des invertébrés. Rare mais possible, le passage fulgurant d’une bondrée ou d’un circaète Jean-le-Blanc lors des grandes migrations (source : Oiseaux de France).
Là, au milieu des pommiers haute-tige et des herbes folles, les oiseaux s’invitent à la table d’un passé préservé. Le verger conservatoire n’est ouvert qu’occasionnellement, mais il accueille une biodiversité insoupçonnée : mésanges charbonnières, moineaux friquets, grimpereaux et, à la mi-mai, quelques rougesqueues à front blanc en quête de cavités dans les vieux murs. Hérissons et abeilles partagent volontiers ces pâtures, tandis que le merle chante du haut du vieux poirier centenaire.
Observer la faune, c’est aussi respecter le secret des lieux.
Un dernier clin d’œil : quelques fermes du village proposent, à l’automne, des balades commentées et dégustations de jus de pomme sous le vol des grives. Renseignez-vous à la mairie ou lors des marchés, les habitants aiment partager ces rendez-vous secrets !
À Berengeville-la-Campagne, la nature ne s’impose pas — elle s’offre doucement à qui sait se poser, écouter, et s’émerveiller. Que l’on soit ornithologue averti ou simple amoureux du vivant, ces chemins invitent à lever la tête et ralentir le pas. Les oiseaux sont là, compagnons fidèles ou passagers discrets, rythmant d’un chant ou d’un battement d’ailes les saisons du village.
Envie d’aller plus loin ? N’hésitez pas à partager vos observations sur notre site, à proposer une sortie ou à rejoindre une balade guidée à la saison prochaine. La campagne est une promesse : celle de découvertes sans fin, pour peu que l’on garde l’œil (et l’oreille) grand ouvert.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande