Choisir son itinéraire, c’est d’abord choisir son tempo. Le territoire du village est sillonné par environ 25 kilomètres de sentiers balisés (selon la source IGN https://www.geoportail.gouv.fr/), alternant grandes boucles et chemins de traverse. Beaucoup d’itinéraires partent de la mairie ou de l’église, points de repère évidents, mais rien n’empêche de démarrer ailleurs, au gré de sa fantaisie et de ses envies de paysage.
Les sentiers sont, dans l’ensemble, bien entretenus par la commune et les passionnés du coin. Les balises (petits panneaux en bois peints, souvent décorés par les écoliers lors de sorties nature) ajoutent une touche de poésie locale à la signalétique.
Impossible de ne pas commencer par celle-ci : la balade du Lavoir est notre classique, celle des familles, des enfants les bottes aux pieds et des promeneurs matinaux. Le départ se fait de la place de l’Église. On descend doucement en direction du petit lavoir communal, où jadis les anciens du village venaient laver leur linge et échanger potins et conseils. C’est ici que l’on croise le plus d’anecdotes racontées par les habitants – histoires de pluies diluviennes et de paniers d’osier échappés dans le courant. On remonte ensuite dans le bois de la Ronce, royaume des écureuils et des piverts.
Ici, on entre dans le pays du bocage, ces fameux chemins creux bordés de haies hautes, signature de la campagne normande. Le Chemin des Haies Brunes vous fait traverser vergers, pâtures et bosquets, avant de longer les reliques d’un vieux chemin féodal, encore visible sous la mousse. On y croise parfois le pas silencieux d’un chevreuil, ou la trace laissée par un blaireau.
| Départ | Type de sol | Points remarquables | Temps |
|---|---|---|---|
| Pont de la Chaussée | Terre battue, herbe, petits chemins pierreux | Ancien manoir, pommeraies, panorama sur la vallée | 2h30 environ |
Ce parcours est le rendez-vous des passionnés, de ceux qui aiment s’enfoncer dans la nature et oublier le bruit du monde. Il relie les trois vallées qui ourlent le territoire, alternant passages forestiers, grandes étendues de pâtures et points hauts aux panoramas ébouriffants.
Ce que l’on préfère, sur nos chemins, ce ne sont pas les grandes victoires sportives – ce sont les rencontres, tant avec la nature qu’avec les gens. Vous verrez, au détour des haies, des orchidées sauvages en juin (source : https://www.florealnormandie.fr/), vous humerez la fougère en automne, vous entendrez le pic-vert tambouriner derrière la vieille ferme abandonnée. Parfois, si le temps s’y prête, on aperçoit le vol lourd du héron ou le passage furtif d’un faisan. Certaines familles laissent sur les poteaux des bouquets éphémères ou des petits poèmes, traces touchantes de vie locale partagée.
Ici, le patrimoine n’est pas seulement dans la pierre : il est dans l’attention qu’on porte au paysage, à la vie lente, à la mémoire qui résonne dans les chemins.
La randonnée à Berengeville-la-Campagne, c’est aussi un prétexte au partage. Qu’il s’agisse d’une grande marche d’automne, d’une sortie aux jonquilles ou d’un goûter sous le saule du vieux lavoir, chaque promenade tisse un fil entre ceux qui aiment ce lieu et veulent en préserver l’âme. Plusieurs associations proposent de temps à autre des sorties accompagnées, transmission orale, reconnaissance de plantes, contes au coin des chemins (informations disponibles auprès de la mairie ou du collectif local).
Marcher ici, c’est redécouvrir le long des saisons une campagne fidèle à elle-même et toujours changeante, se laisser surprendre par un paysage qui dévoile ses secrets à qui veut bien prendre le temps de flâner. Chaque randonnée, petite ou grande, a le goût d’un moment unique : la preuve qu’à Berengeville, l’évasion n’est jamais bien loin, même au seuil de sa porte.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande