L’étang communal s’inscrit dans le quotidien des habitants de Berengeville-la-Campagne. Il suffit de longer le sentier derrière la mairie pour voir qu’ici, tout le monde s’y retrouve : familles en promenade, enfants qui jettent quelques miettes de pain aux canards, amateurs de balades solitaires, et bien sûr, pêcheurs de tous âges. Sa superficie (environ 1 hectare) et son accès facile en font un « écrin à taille humaine », selon les mots d’un habitué rencontré au printemps. À la belle saison, le reflet argenté des arbres se mêle aux cercles dessinés par les poissons en surface. L’hiver, la brume ajoute un parfum de mystère, tempéré par le cri familier du pouillot véloce ou le vol bas d’un martin-pêcheur.
S’informer auprès de la mairie reste le meilleur réflexe avant toute sortie, car la réglementation peut évoluer selon les années et les besoins de préservation.
L’étang communal de Berengeville-la-Campagne est le reflet de la diversité piscicole normande. Il n’a ni la démesure des lacs alpins, ni la rareté des rivières sauvages, mais il compte de belles surprises et quelques « stars locales ».
| Espèce | Période de pêche idéale | Caractéristiques/Comportement | Interdits/Conseils |
|---|---|---|---|
| Carpe commune | De mai à octobre | Poisson robuste, combative. Présente dans les coins calmes et près des nénuphars. | Catch & release conseillé pour les gros spécimens. Veiller à bien mouiller la zone de décrochage. |
| Gardons | De mars à octobre | En bancs, très actifs au crépuscule. Première prise idéale pour les enfants ! | Petite taille, remise à l’eau fréquente en dehors du quota journalier. |
| Brochet | Octobre à décembre / début mars | Prédateur mystique, fidèle des bordures boisées. | Respecter la taille minimale légale (60 cm en général selon Le ministère de l'Ecologie). |
| Perche | De mai à septembre | Sociable mais carnassière, se poste souvent à l’ombre ou en embuscade. | Facile à pêcher, privilégier l’hameçon simple pour préserver leur gueule fragile. |
| Tanche | Juin à août | Discrète, plutôt nocturne. Affectionne fonds vaseux et eaux calmes. | Pêcher tôt le matin ou tard le soir avec appâts naturels. |
En outre, l’on croise parfois de belles surprises : quelques écrevisses signal (especes invasives, source : OFB), ou une ablette rapide comme l’éclair, parfaite pour initier les plus jeunes à la joie des prises vives.
La pêche au coup, c’est un peu la madeleine de Proust des pêcheurs de Berengeville. Elle consiste à déposer un appât simple (asticot, ver de terre) grâce à une canne télescopique ou une grande canne à emmanchements, sans moulinet. Idéal pour le gardon, la tanche et parfois la perche. On choisira un flotteur léger et une amorce composée de chapelure, maïs doux ou graines de chènevis — l’arôme du pain trempé a ses adeptes aussi.
Ici, la star, c’est le brochet, mais la perche aussi adore chasser petit poisson ou leurre animé. On privilégiera une canne de 2,10 à 2,70 mètres, moulinet taille 2000, fil solide (minimum 0,25 mm). Leurres vifs imitation poissonnet, spinners dont les reflets activent la curiosité des carnassiers, ou encore cuillères traditionnelles. La pêche au lancer demande patience et observation des bordures boisées, zones encombrées (où le brochet aime se poster à l’affût).
Quand débute la saison chaude, les passionnés installent leur batterie de cannes sur les herbiers ou devant les passages d’eau profonde. L’appât roi reste la bouillette (de couleur vive pour attirer l’attention), mais le maïs ou la pomme de terre restent efficaces et souvent plébiscités, car accessibles à tous.
Certains pêcheurs aiment varier les plaisirs : la pêche à la mouche pour tenter le chevaine ou la perche (en pêchant « à vue » sur les bancs de sable), ou même à la grande canne pour sonder les recoins les plus difficiles d’accès. Côté appâts naturels, la pêche au ver de terre reste indémodable et permet, parfois, de faire de jolies rencontres inattendues.
Les connaisseurs s’accordent à dire que les meilleures prises se font :
Depuis quelques années, l’association « Les lignes de Berengeville » organise occasions spéciales pour initier enfants et novices aux gestes essentiels de la pêche responsable (montage d’une ligne, remise à l’eau correcte d’un poisson, reconnaissance des espèces). Un vrai succès pour créer du lien et transmettre, dans la bonne humeur, l’attachement à notre petit patrimoine naturel (source : Association Les lignes de Berengeville, affichage communal).
Derrière chaque technique et chaque poisson, se cache une anecdote transmise sur les bancs de l’étang, un conseil chuchoté entre deux bouchées de sandwich ou, parfois, la petite excitation qui fait battre le cœur à l’annonce d’une prise record (la plus grosse carpe de l’étang dépassait les 9 kilos en 2022, source : panneau d’affichage municipal). Cet esprit d'échange se nourrit tout autant de la convivialité à l’étang que des recommandations de l’Fédération de pêche de l’Eure et de sites spécialisés (comme Pêche62 pour les montages ou la réglementation).
Que l’on vienne pour la contemplation, l’aventure ou la transmission, l’étang communal de Berengeville-la-Campagne porte en lui cet art de vivre à la campagne auquel nous croyons tant : simplicité, patience et respect du vivant.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande