L’un des atouts précieux du circuit du Bois des Fontaines, c’est sa polyvalence : il se prête à l’exploration en solo, en famille, entre amis, chaussures crottées ou vélo sur l’épaule, enfants en bottes ou poussettes tout-terrain. Le circuit forme une boucle de 8 kilomètres, au départ du centre-bourg, sur le parvis de l’église Saint-Martin, fleuron roman de la vallée d’Iton. Le balisage – jaune et vert, dans la tradition des sentiers normands – se repère facilement sur les arbres, bornes et poteaux en début de sentier (source : Communauté de Communes du Pays du Neubourg).
Bon à savoir : en automne et au printemps, prévoyez des chaussures imperméables – le Bois porte bien son nom !
L’itinéraire met à l’honneur la diversité : traversée de hameaux, vergers en bordure de ferme, halliers secrets, sous-bois paisibles et prairies embuées du matin. Voici les grandes étapes du parcours :
La silhouette trapue de l’église vous observe d’un air bonhomme, témoin des processions d’antan et des virées dominicales en sabots. À deux pas, le petit café du village (ouvert dès 9h le week-end) sert de point de ralliement informel où échanger les dernières nouvelles ou s’offrir un café encore fumant.
On engage la première côte. À la lisière, une haie champêtre entourée de vieux pommiers marque la transition entre village et campagne profonde. C’est le repaire des mésanges charbonnières, souvent les premières à saluer les promeneurs – les gamins du village rivalisent pour les reconnaître à leur chant perçant !
Un vrai trésor caché, blotti sous un manteau de mousse et de lierre. Source intarissable depuis le Moyen Âge, on y venait jadis puiser une eau réputée « miraculeuse », notamment pour apaiser les brûlures et soigner les animaux. Les anciens racontent qu’on y posait jadis des rubans ou un brin de laine pour conjurer le mauvais sort. Aujourd’hui, c’est un coin de fraîcheur parfait pour une orange ou un biscuit, les pieds dans l’herbe.
Une portion ombragée, qui sinue et se resserre entre des futaies de hêtres et de charmes. Le silence y est presque ouaté, propice aux rencontres : chevaux paisibles dans un pré attenant, vol de palombes, ou parfois une martre curieuse, entre deux fourrés. L’hiver, on y repère facilement les empreintes : renards, fouines et chevreuils affectionnent ce recoin.
Espace ouvert, lumineux, où le sentier frôle les hauts herbages, souvent peuplés d’orchidées sauvages au printemps (attention à ne pas cueillir, elles sont protégées !). Un léger dénivelé vous mène à un point de vue bucolique sur le coteau de l’Iton, d’où l’on aperçoit parfois, avec un peu de chance, les toits du Vieux Moulin, vestige de l’importance meunière du village à l’époque pré-industrielle.
Retour progressif vers le village, cette allée longe plusieurs fermes authentiques, aux bardages en bois et chaumières, typiques du pays d’Ouche. Le parfum du foin fraîchement coupé, en été, flotte dans l’air et donne envie d’allonger la pause sur l’herbe.
Fin du périple, le cercle est bouclé. L’église offre un cadre idéal pour une dernière photo ou une halte méditative sous les arbres du parvis. Quelques bancs de pierre permettent de souffler, un livre à la main, ou de refaire l’itinéraire autour d’un goûter partagé.
À chaque saison, le circuit prend une coloration différente : fleurs de pommier au printemps, senteurs de fougère en été, palette mordorée à l’automne et silence feutré dès le début de l’hiver, où la brume donne au paysage un air de conte.
À Berengeville, chaque coin de campagne a son lot d’anecdotes. Sur le circuit, plusieurs familles ont pour habitude d’installer, dès les premiers beaux jours, un « présentoir à pommes » en libre-service sur le chemin de l’allée des Tilleuls. On y dépose une pièce ou deux et on repart avec un petit panier, dans la tradition du troc rural.
Du côté du "chemin du Loup", certains anciens évoquent, non sans une pointe d’humour, des histoires de hurlements les nuits d’orage – "C’est juste le vent et un vieux cerf chassant les grives", s’amusait encore récemment Monsieur Girard, mémoire vivante du village, 88 ans et le pas encore alerte sur ses chemins préférés.
On trouve aussi, au pied de la fontaine, un petit carnet laissé par des marcheurs anonymes. Chacun y inscrit un mot, une impression : recettes de grand-mère, déclarations d’amour, ou secrets de cueillette – certains dévoilent le coin des « meilleurs champignons », mais chut, cela se garde en famille !
Le circuit pédestre du Bois des Fontaines, ce n’est pas une simple boucle de randonnée : c’est un trait d’union entre passé et présent, entre villageois et visiteurs, où tout le monde partage un peu de soi. S’il fallait résumer, c’est la promesse d’une matinée ou d’un après-midi où l’on prend le temps, le temps de marcher, de respirer, de regarder. Chaque balade crée son propre récit, fait d’imprévus et de découvertes, et nourrit ce lien si particulier que tissent les habitants avec leur campagne.
Au retour, les vestes mouchetées de boue, les yeux remplis de lumière, on comprend ce que signifie, ici, l’art de vivre : savourer la nature, se laisser embarquer par les histoires, et surtout, ouvrir son cœur à la générosité d’un village qui respire à pleins poumons.
Pour plus de détails sur le balisage, des photos du circuit et les actualités autour de la randonnée, la Communauté de Communes du Pays du Neubourg propose une carte interactive toujours actualisée. Et comme toujours, n’hésitez pas à pousser la porte des habitants, un sourire ou une anecdote n’est jamais bien loin.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande