À Berengeville-la-Campagne, la cueillette des fruits sauvages n’est pas qu’une activité dominicale : c’est un art de vivre. Ici, les sentiers bordés de haies, les talus secrets et, parfois, les bords des chemins creux sont de véritables cornes d’abondance pour l’œil curieux et le gourmet discret. Cueillir, c’est renouer avec une tradition qui se transmet, de génération en génération – et même si l’ambiance d’un été ou d’un automne change, le plaisir de découvrir un mûrier foisonnant ou un vieux poirier solitaire reste intact. Mais où trouver ces trésors gourmands ? Et quand ? Laissez-vous guider saison après saison, sur les traces parfumées de la campagne normande.
Chaque saison a ses promesses et ses fruits, à Berengeville-la-Campagne comme ailleurs. Certains, comme les mûres, s’annoncent en fanfare vers la fin de l’été. D’autres, plus discrets, murissent à l’abri des regards. Voici une petite cartographie sensorielle, pour ne rien manquer !
| Saison | Fruits sauvages à cueillir | Période | Où chercher ? |
|---|---|---|---|
| Printemps | Aubépines, fleurs de sureau, primevères | Avril – Mai | Haies bocagères, lisières, vieux chemins |
| Été | Groseilles sauvages, framboises, myrtilles (rares) | Juin – Juillet | Bords de chemins, terres légèrement acides (pour myrtilles) |
| Fin d’été – Automne | Mûres, prunelles, pommes sauvages, noisettes, cornouilles | Août – Octobre | Chemins, haies, vergers oubliés |
| Hiver | Cynorhodons (églantier), baies de sorbier, prunelles blettes | Novembre – Décembre | Bords de route, sous-bois clairs |
La campagne autour de Berengeville est organisée selon une mosaïque naturelle : haies, prés, vieux vergers, bosquets, tous regorgent de lieux de cueillette. Mais soyons clairs : il n’existe pas de carte officielle, alors tout commence par l’observation… et la discrétion.
Les amateurs de balades du mois de mai connaissent bien le parfum enivrant des fleurs de sureau. Blanches, délicates, elles s’épanouissent à la lisière des champs, souvent près des fermes – idéales pour des beignets sucrés ou un sirop maison. Attention toutefois à ne cueillir que les fleurs, jamais les baies noires du sureau commun (Sambucus nigra) lorsque celles-ci ne sont pas mûres – elles peuvent être toxiques consommées crues (source : Anses).
Juin et juillet sonnent l’âge d’or : groseilliers sauvages, parfois framboises et, dans de rares coins humides et légèrement acides, quelques myrtilliers rabougris. Les enfants du village traquent les grappes, et il faut parfois deviner qui, de l’oiseau ou du promeneur, sera le plus rapide.
D’août à fin septembre, la nature donne tout. Les chemins du village se transforment en allées de dégustation : impossible de traverser la campagne sans en revenir les doigts violets. Mûres juteuses, noisettes craquantes, prunelles astringentes, pommes sauvages à la peau mate… Tout se partage, tout se découvre.
Une anecdote locale : sur le chemin du Tertre, lors d’un été très chaud, tout un pan de talus s’est couvert d’arbousiers, rarement vus ici. Ces petites baies rouges, comestibles, ont transformé la balade en chasse aux trésors inattendue.
Même lorsque le brouillard enveloppe les champs, la cueillette n’est pas finie. L’églantier laisse place à ses fameux cynorhodons, riches en vitamine C (source : Passeport Santé), à récolter dès les premières gelées. Quelques baies de sorbier, très appréciées des oiseaux, peuvent être récoltées pour confectionner des gelées très originales.
Sillonner Berengeville-la-Campagne en quête de fruits sauvages, c’est voyager au rythme de la nature mais aussi à celui de souvenirs glanés çà et là. Chaque coin de haie ou de bois raconte une histoire : celle d’un aîné récoltant ses mûres pour la confiture, celle du chien qui suit son maître au fil des talus, ou celle de l’enfant qui tire la langue, tachée de jus de mûre après sa première expédition.
Et si le vrai plaisir, au-delà de la découverte gourmande, était de transmettre ces petits savoirs, d’apprendre à reconnaître ensemble une plante, de respecter la nature, et, surtout, de profiter de ces trésors, simplement, en pleine campagne ? À Berengeville, chaque saison s’invente ainsi, au fil des pickings joyeux et des partages autour d’un panier.
Sources : Anses, Passeport Santé, Société Nationale d’Horticulture de France
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande