Il suffit d’un matin clair pour que germe l’idée : aujourd’hui, on enfourche les vélos et on s’offre une échappée douce, le long des petites routes et sentiers qui serpentent tout autour de Berengeville-la-Campagne. Ici, on roule entre haies, pommiers en fleurs et chemins de terre, le tout ponctué par les silhouettes familières des églises et clochers des villages voisins. Le vélo a cet art rare de révéler la campagne dans toute sa nuance et son intimité, loin du bruit des moteurs et du temps qui presse.
Ce circuit à vélo propose une boucle de 36 km pour une escapade à la journée, accessible à tous les amoureux de la petite reine : sportifs du dimanche, familles, duo d’amis, solos contemplatifs. Le parcours peut se diviser en étapes, selon les envies ou la météo capricieuse normande.
Au fil de ces kilomètres, on traverse des paysages de bocage préservé, des vallons secrets, des petits bois et, bien sûr, cette campagne vivante où les fermes sont habitées, les animaux curieux et les habitants souvent prompts à un salut de la main.
Avant de partir, une flânerie autour de l’église aux pierres blondes et la fontaine Saint-Célerin s’impose. Ambiance paisible, promesse d’un retour réussi…
En quittant Berengeville, la route vous mène à travers une mosaïque de champs et de haies vives, refuge favori des oiseaux. Le Cormier, discret, offre un premier arrêt bucolique. Sa petite mairie et son ancienne école racontent l’histoire d’une ruralité vivante. Faites une pause près du vieux puits communal – il alimente encore aujourd’hui quelques légendes de village.
Les pommiers d’Ormes, en fleurs au printemps, chargés de fruits à l’automne, jalonnent le chemin. Ici, la tradition de la pomme est reine : le cidre local a remporté plusieurs distinctions lors des foires agricoles régionales (Source : Normandie.fr). Profitez-en pour faire une halte à la boulangerie du coin, où les tartes aux pommes ont tout d’un secret de famille.
Une courte montée, un virage, et vous voici à Mars-la-Tour. On aime s’y arrêter devant la petite stèle commémorative à l’entrée du bourg, qui évoque la vie rurale au début du XXe siècle (archives communales). Une aire de pique-nique ombragée vous invite à dérouler la nappe et sortir votre panier : rien ne vaut une pause avec du pain frais, du fromage fermier acheté au marché, et le sourire des enfants qui jouent sous le vieux tilleul.
Le Neubourg mérite qu’on y passe un peu de temps. C’est ici que se tient, chaque mercredi, l’un des plus grands marchés de Normandie, une tradition remontant au Moyen Âge (source : Normandie Tourisme). On y trouve de tout : fromages, pommes de terre nouvelles, boudin noir de pays, pâtisseries du coin et producteurs venus des environs. L’occasion d’acheter de quoi garnir le panier avant d’attaquer la seconde partie du circuit.
Le centre bourg, ses halles élégantes, les maisons à pans de bois, offrent un contraste saisissant après les chemins creux. Petits conseils d’habitués : la fromagerie près de la place, ou la visite du musée municipal lorsqu’il pleut.
Dernier “grand” village avant la boucle du retour, St-Aubin d’Écrosville apparaît, bordé de prairies et de ruisseaux. Allez jeter un œil à la petite église dont certains vitraux datent du XVIe siècle (source : Base Mérimée), ou laissez-vous bercer par le silence, à peine troublé par le coassement des grenouilles.
Le dernier tronçon glisse tranquillement entre bois et champs. Les jambes sont peut-être fatiguées, mais l’âme est repue de grands espaces et de souvenirs à grignoter tout l’hiver.
Pour visualiser facilement l’itinéraire, une carte détaillée peut être consultée sur Openrunner, en cherchant “Berengeville-la-Campagne vélo circuit”.
| Village | Distance du départ (km) | Points d’intérêt |
|---|---|---|
| Berengeville-la-Campagne | 0 | Église, fontaine Saint-Célerin |
| Le Cormier | 6 | Puits communal, bâtiments anciens |
| Ormes | 12 | Boulangerie, vergers, cidre local |
| Mars-la-Tour | 18 | Stèle commémorative, aire de pique-nique |
| Le Neubourg | 25 | Marché, halles, musée, fromagerie |
| St-Aubin d’Écrosville | 31 | Église, prairies, ruisseaux |
Ce circuit est modulable à souhait : il est possible de raccourcir la boucle en revenant directement à Berengeville depuis Ormes, ou bien d’ajouter une escapade vers les fermes voisines (certaines proposent la vente directe de produits laitiers ou fruits, à retrouver sur Produits Locaux Normandie).
Le printemps offre des tapis de primevères, les pissenlits d’avril forment des soleils sur les talus, et tout sent bon la terre fraîche. L’été, c’est l’heure des herbes hautes, parfois de la moisson, des tilleuls en fleurs. À l’automne, flânez sous les pommiers ou ramenez quelques noix ramassées en route. Même l’hiver, sous la brume, la campagne se dévoile autrement : un peu plus mystérieuse, toujours attachante.
À vélo, on prend le temps de discuter : la preuve avec Monsieur Leblanc, géant moustachu du marché du Neubourg, qui pose fièrement derrière ses meules de Neufchâtel. Ou encore cette aînée du Cormier, croisée au puits communal, qui se rappelle des bals champêtres d’antan et de la première bicyclette de son grand frère. Et puis ces chiens placides qui gardent leur ferme, et les rires des enfants près des lavoirs. Le vélo, ici, est un passeport pour de vraies rencontres, loin des circuits balisés trop sages.
Il y a mille façons d’aimer la campagne normande : passer vite, ou prendre le temps. Le vélo permet de choisir le second chemin, celui qui ouvre la porte aux odeurs, aux silences, aux histoires, aux rencontres. Parfois, il suffit d’un rayon de soleil, du parfum d’une haie d’aubépine ou d’un simple “bonjour” pour que la balade devienne souvenir. Alors, prêts à explorer ce circuit à vélo au cœur de la Normandie ? Les petites routes de Berengeville et de ses voisines n’attendent plus que vos roues, et le plaisir d’une belle aventure à deux pas de la maison.
Sources : ADEME ; Normandie.fr ; Normandie Tourisme ; Géoportail.
Vivre, découvrir et savourer la campagne normande